Des utilisateurs d’imprimantes 3D dans le Jovinien et le Migennois fabriquent gratuitement des éléments pour le personnel de santé.

Quand la technologie vole au secours de la santé. La communauté des makers du Jovinien et du Migennois fait tourner ses imprimantes 3D depuis le début du confinement pour fabriquer gratuitement des visières de protection pour les professionnels de santé du territoire. Dernier avatar de l’impression, ces engins dont les concepteurs ne cessent d’apporter des améliorations sont capables de créer toutes sortes d’objets.

Cette initiative connaît un grand succès. « C’est allé très vite, relate de son côté Nicolas Coste, propriétaire du magasin d’informatique Mediastart89 à Migennes. J’en ai fourni ainsi qu’une webcam au personnel de l’Ehpad de Migennes. Cela a été rapporté sur Facebook et depuis les demandes ont afflué. J’en suis à plus de trois cents visières. »

Des modèles en plastique pratiques

Médecin généraliste à Joigny, Christophe Delaunay en a déjà apporté cinquante au centre hospitalier de Joigny fabriqué à partir de l’imprimante 3D installée au Maillet de Joigny dont les locaux se situent en dessous de son cabinet. Membre de la collégiale du Fab Lab depuis ses débuts, il est aussi au fait des besoins des hospitaliers dont font partie des proches. « Tous les membres du personnel avaient besoin de protection pour leurs patients comme pour eux », explique le docteur. Le premier destinataire fut le service dédié aux patients atteint par le Covid-19. Vint ensuite la radiologie, les brancardiers…

En recherchant sur Internet, « j’ai trouvé des fichiers de modèles de masques mis en ligne par des makers, raconte-t-il. J’ai testé plusieurs modèles. J’avais plusieurs critères : les attaches ne doivent pas être des élastiques, les modèles doivent tenir toute la journée et être confortables. Mais cela ne veut pas dire que les autres modèles ne sont pas valables. » Il a opté aussi pour le tout plastique pour des raisons pratiques. « Il permet le réemploi après désinfection, précise-t-il. À chaque fois qu’un soignant entre dans une chambre d’un patient, il doit se désinfecter à la sortie. »Une des deux imprimantes 3D de Nicolas Coste

D’autres éléments sont aussi produits comme des poignées de porte qui permettent d’en ouvrir sans utiliser les mains d’un coup de coude par exemple.
Les besoins n’ont cessé d’augmenter. « On essaye de produire aussi vite que possible », témoigne Nicolas Coste. Il faut entre quarante minutes et une heure pour créer un support de visières sans compter l’assemblage pour qu’elles soient prêtes à l’emploi. « J’ai deux imprimantes chez moi, poursuit-il. Christophe Daniel, informaticien de réseau, en a cinq je crois. C’est l’usine chez lui. Ces machines sont grandes comme trois tours d’ordinateur. »

Des entreprises nous appellent pour équiper leurs employés

Ces dernières commencent d’ailleurs à souffrir « Je suis déjà intervenu pour en réparer », remarque-t-il. D’autre part, les réserves de matière plastique menacent elles aussi à s’amenuiser. Mais le résultat est là : « On a équipé pas mal de professionnels de santé, se réjouit-il. Les retours sont bons. »

Pourtant, la demande n’a pas l’air de se tarir. « Nous avons équipé certains commerçants comme des boulangers, indique Nicolas Coste. Des entreprises nous appellent pour équiper leurs employés. J’ai contacté la Fournée dorée à Bassou. Nous avons aussi sollicité par courriel la chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Auxerre pour obtenir du plastique. »

Pierre-Emmanuel Erard
pierre-emmanuel.erard@centrefrance.com

Source: L’imprimante 3D au service de la santé dans le Jovinien et le Migennois – Joigny (89300)